RIEN A FOUTRE, je tire ma révérence .
Je veux jouer les poètes, avec toi . Je veux que tu ais l'air fou, tourmenté . Je veux que tu me fasses danser, je veux que tu m'étreignes sur un morceau de rock . Je veux que tu serres mon coeur, très fort . Puis tu fumeras mes cigarettes, allongé sur la peau nue de mon ventre et tu feras voyager mes vinyles, ici ou là . On écoutera Gainsbourg même si t'aimes pas ça, sans s'aimer vraiment . Je veux qu'on soit beau ensemble mais je ne veux pas qu'on s'aime ensemble parce-que s'aimer c'est moche et qu'un jour ou l'autre je finirais par t'aimer plus que tu ne m'aimeras, forcément, car j'ai en moi, cette fougue, cette passion incontrolable qui fait de moi une amoureuse dangereuse . Alors non, je ne veux pas t'aimer . Je préfère que tu me détestes, j'aimerais mieux te haïr encore... On sera bien plus beaux, bien plus heureux . Et tu cracheras les larmes que tu n'as pas su pleurer, et on crachera les mots qu'on a pas su crier : on sera poètes, vagabonds, artistes, miséreux... j'en ai que faire ! Je veux juste qu'on écrive tout les deux une strophe à notre poème, une rime à notre histoire, qu'on allume une lumière à ma vie . Poète . Mais de toute facon tu es un éclopé, un handicappé des sentiments, tu t'aggripes à mon épaule, et je me cramponne à tes pensées mais je ne veux pas être ta béquille, je ne veux plus être simple fruit de fantasme, je veux être tout de toi : tes mains, tes pleurs, ta respiration . Je veux parcourir ton corps, je veux sentir ta peau sous ma main . Ta manière d'être trahit une pudeur démentielle; tes paroles, la débauche même . Cette complexité mémerveille, t'es pire à résoudre qu'une équation . Toi, elle, nous, ton amour pour moi, tout me rend folle de rage . Mon intransigeance, mon excessivité t'agressent, horrifient tes sens . Mais il y a cette fascination mutuelle qui persiste.